Tapisserie d’Aubusson représentant le Banquet de Cléopâtre et l’oreille de perle
Seconde moitié du XVIIe siècle
Hauteur : 240 cm
Largeur : 200 cm
Manufacture : Aubusson
Grande tapisserie en laine représentant l’épisode du Banquet de Cléopâtre, au cours duquel la reine d’Égypte dissout une perle de son oreille dans le vin afin de prouver à Marc Antoine que ce banquet surpassait tous les autres par son coût et sa magnificence. À l’époque, la valeur d’une perle de cette qualité équivalait à une véritable fortune, faisant de ce geste une démonstration éclatante de pouvoir et de richesse.
La scène s’organise autour de la table du banquet, sur laquelle sont disposées coupes, vases et objets précieux. Au premier plan, une grande aiguière posée au sol se distingue par sa présence monumentale, participant à l’évocation de l’abondance et du luxe. Cléopâtre occupe une position centrale, tandis que Marc Antoine et les figures d’accompagnement structurent la composition selon une hiérarchie visuelle claire, caractéristique des grandes tapisseries narratives du XVIIe siècle.
Cette tapisserie appartient avec toute probabilité à une série consacrée à l’histoire de Marc Antoine et Cléopâtre. Le dessin préparatoire peut être rattaché, avec toute probabilité, à des dessins d’Isaac Moillon (1614–1673), peintre du Roi et frère de la célèbre peintre de natures mortes Louise Moillon. Isaac Moillon réalisa de nombreux dessins préparatoires destinés à la tapisserie, tissés notamment à Aubusson, pour des séries historiques et mythologiques largement diffusées. Parmi ses créations les plus connues figure la série de l’Histoire d’Ulysse, conservée en plusieurs exemplaires, notamment au Musée de la Tapisserie d’Aubusson.
La tapisserie est dépourvue de bordure, probablement à la suite d’un ancien ajustement destiné à son adaptation dans un intérieur. Le revers est doublé d’un tissu vert soigneusement posé. Un système moderne de suspension par velcro a été ajouté par un restaurateur, permettant une présentation stable et respectueuse de l’œuvre.
Bon état général de conservation, avec des usures et altérations mineures compatibles avec l’ancienneté et l’usage. L’absence de bordure est ancienne et n’affecte pas la lisibilité de la scène, qui conserve une forte présence décorative.


































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